Cinquante-huitième Session du Comité Régional de l’OMS pour l’Europe - Tbilissi (Géorgie), 15-18 Septembre 2008

La cinquante-huitième session du Comité régional de l’OMS pour l’Europe s’est tenue au Sheraton Metechi Palace Hôtel de Tbilissi (Géorgie) du 15 au 18 septembre 2008. Des représentants de 46 pays de la Région, dont la République de Saint Marin, y ont participé. M Marino Guidi, Ministre Plénipotentiaire auprès de la mission permanente de la République de Saint Marin auprès des Nations Unies à Genève et des autres organisations internationales en Suisse, était le représentant de la République de Saint Marin à cette importante conférence internationale.

L’organe directeur de l’OMS a pris des décisions qui auront une influence sur les systèmes de santé.

La nécessité de renforcer les systèmes de santé afin que ces derniers puissent répondre rapidement, et en toute flexibilité, au nombre croissant de nouveaux défis a été débattue lors de la session du Comité régional de l'OMS pour l’Europe.

Le Comité régional de l’OMS pour l’Europe se réunit chaque année pour formuler des politiques régionales, émettre des recommandations quand aux activités du Bureau régional et en superviser la mise en œuvre, et approuver le budget. Cette année, des délégués des 53 États membres de la Région européenne de l’OMS ont abordé les sujets suivants :

* Projet de budget programme 2010-2011;

* Fonction de direction/gouvernance des systèmes de santé dans la Région européenne;

* Stratégies de modification des comportements et santé : le rôle des systèmes de santé.

Deux des problèmes de santé publique les plus complexes et persistants sont mis en évidence. Plus de 250 représentants des États membres de la Région européenne de l’OMS ont cherché à améliorer la gouvernance des systèmes de santé, pour plus d’équité et d’efficacité, et à promouvoir les comportements favorables à la santé. Or, la pratique démontre que le changement de comportement, comme le tabagisme, la surconsommation alimentaire, le contrôle insuffisant de la tension artérielle et la sédentarité, constituait probablement le plus grand défi de la santé publique. Si les efforts visant à améliorer la gouvernance et la performance des systèmes de santé ne datent pas d’hier, ils ont aussi donné des résultats mitigés.

Dans son discours prononcé hier au Comité, le docteur Margaret Chan, le directeur général de l’OMS, a déclaré : « Nous sommes comme Sisyphe, le roi mythique de la Grèce antique, qui fut condamné à pousser un rocher au sommet d’une colline, pour le voir ensuite dévaler la pente. ... J’applaudis votre courage dans la résolution de ces problèmes. Quoique difficiles, ils représentent les principaux obstacles au développement de la santé, et tous les pays du monde sont concernés. »

La lutte contre le VIH/sida, la tuberculose et l’épidémie de maladies non transmissibles illustre parfaitement l’immense difficulté engendrée par la modification des comportements. La prévention est de loin la meilleure option pour relever ces défis. Elle implique un changement de comportement de la part de la population et l’adoption de politiques cohérentes par les pouvoirs publics. « Il s’agit d’intégrer les interventions aux systèmes de santé. Comme nous l’avons vu, la mise en place de mesures efficaces et un investissement financier, à eux seuls, ne permettront pas d’obtenir un meilleur bilan sanitaire en l’absence de systèmes de santé efficients », souligne le docteur Chan.

Le fardeau des soins à long terme pour traiter les patients souffrant de maladies non transmissibles, les coûts considérables suscités par la tuberculose pharmaco résistante et la hausse des coûts des soins palliatifs mettent non seulement à dure épreuve les systèmes de santé, mais peuvent aussi pousser les ménages en dessous du seuil de pauvreté. « On ne doit pas devenir pauvre à cause de problèmes de santé », déclare le docteur Chan.

Les mêmes préoccupations ont été exprimées lors d’une session spéciale consacrée au rapport final de la Commission sur les déterminants sociaux de la santé, publié en août 2008. M. Michael Marmot, président de la Commission, a présenté les conclusions du rapport aux délégués, qui détermineront la réponse de l’OMS lors de l’Assemblée mondiale de la santé de mai 2009. Selon ce rapport, les principaux facteurs influençant l’état de la santé, qu’il soit solide ou précaire, sont déterminés par les conditions sociales des individus à leur naissance, durant leur existence, sur le lieu de travail et au stade de vieillissement. Le postulat selon lequel la croissance économique à elle seule peut réduire la pauvreté et améliorer la santé est remis en question. En effet, la croissance économique s’avérera bénéfique pour la santé des pauvres seulement après l’adoption de politiques et la mise en place de systèmes de santé robustes

S’adressant hier au Comité régional, Son Excellence Mikheil Saakashvili , Président de la Géorgie, a souligné que l’équité en matière d’accès aux soins de santé et à des services efficients était particulièrement essentielle. Le système de santé ne devrait pas constituer un fardeau pour les pouvoirs publics, mais être à l’origine d’un gain économique. Il a en outre ajouté : « La réussite d’un pays devrait être jugée d’après sa capacité à garantir l’accès équitable de tous ses citoyens à des services de soins de santé de qualité. Je sais très bien que le secteur privé ne peut y arriver seul ; à cet égard, le rôle et la responsabilité des pouvoirs publics sont primordiaux. »

Une Charte dite de TALLIN, pour la santé et la prospérité, a été approuvée.

Cette charte a pour objet de sceller l’engagement des états membres de la région européenne de l’O M S pour améliorer la santé de la population par un renforcement des systèmes de santé, tout en reconnaissant la diversité sociale, culturelle et économique qui existe dans la région.

Les engagements suivants ont été pris :

* Promouvoir les valeurs partagées de solidarité et d’équité;

* Investir dans les systèmes de santé;

* Promouvoir la transparence;

* Rendre les systèmes de santé plus réactifs;

* Faire participer les groupes concernés à l’élaboration et à la mise en œuvre des politiques;

* Favoriser l’apprentissage et la coopération entre pays;

* Faire en sorte que les systèmes de santé soient propres à réagir aux crises.

Comme pour la session précédente, Monsieur Marino Guidi rédigera la relation retraçant le contenu de cette conférence internationale.