Pour Mieux Connaître

Un coin de terre abrité sur le Mont Titano, au coeur de l'Italie, dont l'indépendance et la liberté durent depuis mille sept cents ans, entre histoire et légende, et qui constituent l'élément phare de la Republique la plus ancienne du monde. Au fil des siècles, des papes, des chefs militaires et même l'empereur Napoleon respectèrent le témoignage de liberté de cette terre qui fait partie aujourd'hui, et à part entière, des Nations Unies, du Conseil de l'Europe et d'autres importante organisations internationales au sein desquelles la République de Saint-Marin oeuvre pour défendre les droits de l'homme et la paix.

Ce fut un tailleur de pierres - raconte la légende - qui fonda la petite communauté et qui était originaire de l'île de Rab en Dalmatie. Il trova refuge sur le Mont Titano pour échapper aux persécutions contre les chrétiens engagées par l'empereur Dioclétien. Nul ne doute que cette zone fut habitée dès la préhistoire; il n'en reste pas moins que les véritables témoignages de l'existence d'une communauté organisée ne datent que du Moyen-âge.

La marque historique de Saint-Marin se dégage de ses très anciennes institutions, uniques au monde. Au premier chef, ses deux Capitaines Régents, dont les premiers furent nommés en 1423. Cette institution est encore en vigueur, la régence restant en fonction pendant six mois et remplissant des tâches institutionnelles que s'apparentent exactement à celles d'un Chef d'Etat. Tous les ans, le 1er avril et le 1er octobre a lieu la céremonie très évocatrice de l'installation des Capitaines Régents, fondée sur un protocole très stricte, et qui n'a pas changé au fil du temps.

C'est grâce à la sagesse qui inspira l'ancienne Commune San-marinaise que le corps social sut faire face à des situations périlleuses et par voie de conséquence étayer son autonomie. A deux occasions, la République subit une occupation militaire, mais seulement durant quelques mois : en 1503 par César Borgia et en 1739 par le Cardinal Giulio Alberoni. En 1797, Napoléon offrit aux san-marinais l'extension de leur territoire jusqu'à la mer, mais cette offre fut sagement rejetée.

Abraham Lincoln, en 1861, fit état de sa sympathie à l'égard de Saint-Marin et il adressa les mots suivants aux Capitaines Régents : "Bien que votre domaine soit petit, votre Etat est l'un des plus respectés de toute l'histoire..."

Saint-Marin peut se targuer d'avoir une tradition de grande hospitalité. Le droit d'asile n'a jamais été refusé, indépendamment de la condition et des idées du refugié. Rappelons, à cet égard, deux événements emblématiques : le droit d'asile octroyé à Giuseppe Garibaldi et à ses hommes en 1849, cernés par trois armées au moment de la chute de la République Romaine, et l'hospitatilté offerte pendant la deuxième guerre mondiale à 100 000 refugiés italiens venant des terres limitrophes.